Introduction
Dans la production des usines chimiques, l’air comprimé est considéré comme la deuxième source d’énergie après l’électricité. La fiabilité et la stabilité de ce système influencent directement la continuité des procédés et la qualité des produits. Par conséquent, la conception scientifique et rationnelle d’un système d’air comprimé constitue une étape clé de la phase d’étude des infrastructures des usines chimiques.
I. Points clés de la conception de la qualité du gaz utilisé
Les exigences en matière de qualité de l’air comprimé varient considérablement d’une étape de procédé à l’autre dans une usine chimique; lors de la conception, il convient d’appliquer un traitement par niveaux en fonction des points d’utilisation spécifiques.
- Contrôle du point de roséePour l’air d’instrumentation et les gaz de procédé, le point de rosée sous pression doit être strictement maîtrisé. Il est généralement exigé que ce point de rosée soit inférieur à la température minimale extrême historique locale, afin d’éviter la condensation dans les canalisations, qui pourrait entraîner une défaillance des instruments ou une contamination du procédé.
- Teneur en huile et contrôle des particulesL’air d’instrumentation et l’air de procédé en contact avec les produits doivent être fournis par des compresseurs d’air sans huile ou équipés d’éléments de filtration à haute efficacité pour éliminer l’huile. La précision de filtration doit répondre aux exigences du procédé; en général, la teneur en huile de l’air d’instrumentation doit être maintenue à un niveau extrêmement faible, et la taille des particules doit également être strictement limitée.
- Principe de traitement par catégoriesÉviter une approche uniforme et rigoureuse qui impose des normes élevées à l’ensemble de l’usine. Répartir la consommation d’air de l’usine en trois catégories — air instrument, air de procédé et air d’usine général — et doter chacune de ces catégories d’équipements de séchage et de filtration adaptés, afin de réduire les investissements initiaux et la consommation énergétique de fonctionnement.
II. Points clés de la conception des systèmes de tuyauterie
La conception des réseaux de canalisations ne se limite pas à l’efficacité du transport; elle influe également sur la perte de charge globale du système et sur sa durée de vie.
- Choix des tubesLes canalisations d’air d’instrumentation et d’air de procédé sont généralement réalisées en acier inoxydable ou en acier galvanisé, afin d’éviter la corrosion interne et la contamination secondaire. L’air d’usine ordinaire peut quant à lui être acheminé par des tubes sans soudure en acier au carbone. Les parois internes de tous les tuyaux doivent être lisses pour réduire la résistance au frottement.
- Pente et conception du drainageLes canalisations d’air comprimé doivent être installées avec une pente minimale de 3 pour mille dans le sens de l’écoulement. Des dispositifs de vidange des condensats doivent être prévus aux points bas, aux extrémités et aux dérivations des canalisations, afin d’évacuer régulièrement les condensats et de prévenir les coups de bélier ainsi que la corrosion des conduites.
- Contrôle de la vitesse d’écoulement et du diamètre des conduitesLa maîtrise raisonnée de la vitesse d’écoulement dans les canalisations constitue la clé de la réduction des pertes de charge. La vitesse d’écoulement dans les conduites principales est généralement maintenue à un niveau relativement bas, tandis que celle des conduites secondaires peut être légèrement augmentée. La dimension des tuyauteries doit être déterminée en prenant en compte simultanément le débit maximal requis, le coefficient d’utilisation simultanée et la perte de charge admissible, afin de garantir que la pression en bout de ligne satisfasse aux exigences du procédé.
- Disposition en réseau circulairePour les grandes usines chimiques, il est recommandé d’adopter une conception en réseau annulaire pour la canalisation principale. Cela permet non seulement d’équilibrer la pression dans le réseau et de réduire les pertes de charge locales, mais aussi d’assurer l’alimentation en gaz normale des autres zones lors d’interventions de maintenance localisées.
III. Points clés en matière de sécurité et de contrôle
Les systèmes d’air comprimé relèvent du domaine des récipients sous pression et des canalisations sous pression; la conception de la sécurité y est primordiale.
- Contrôle de la pression et interverrouillage: À la sortie du compresseur d’air, il est nécessaire d’installer un dispositif de régulation de la pression ainsi qu’une protection par interverrouillage contre les surpressions. Lorsque la pression dans le réservoir d’air atteint la valeur maximale réglée, le compresseur doit se décharger automatiquement ou s’arrêter; lorsque la pression redescend jusqu’à la valeur minimale, il doit se remettre en charge ou redémarrer automatiquement, afin de garantir que les fluctuations de la pression du système restent dans les limites admissibles.
- Dispositif de décharge de sécuritéLes réservoirs de stockage, les sécheurs et les tronçons de tuyauterie critiques doivent être équipés de soupapes de sécurité. La capacité de débit de ces soupapes doit être supérieure au débit maximal de production du compresseur, et leur orifice de refoulement doit être dirigé vers une zone sécurisée afin d’éviter que des gaz sous haute pression ne blessent des personnes ou n’engendrent des accidents secondaires.
- Protection contre le surtirage et protection contre le refluxLorsque plusieurs compresseurs d’air fonctionnent en parallèle, chaque groupe doit être équipé d’une valve de non-retour à la sortie afin d’éviter que le gaz ne reflue et n’endommage l’appareil. Par ailleurs, les compresseurs centrifuges doivent être dotés d’un système de contrôle anti‑sur‑souffle pour garantir un fonctionnement dans des conditions de sécurité.
- Surveillance et alarme en ligne: Des instruments de surveillance en ligne de la pression, de la température, du point de rosée et de la teneur en huile sont installés aux points critiques. Les données sont intégrées au système de contrôle distribué de l’usine, et des seuils d’alarme sont définis afin d’assurer une alerte précoce et une intervention automatique en cas de conditions anormales.
Conclusion
La conception du système d’air comprimé d’une usine chimique constitue un projet d’envergure, nécessitant une prise en compte globale des exigences de procédé, de la mécanique des fluides et des normes de sécurité. En maîtrisant avec précision la qualité de l’air utilisé, en optimisant le tracé des canalisations et en mettant en œuvre des mesures de contrôle de la sécurité rigoureuses, il est possible d’améliorer efficacement l’efficacité de fonctionnement et la fiabilité du système, assurant ainsi une base solide pour la production sûre et durable de l’usine chimique.
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